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Un monde littéraire...
Et bien plus...

        
Denis Fournier Chayer
La rivière coulait dans son nid, trainant tout sur son passage : branches, feuilles et autre débris dans son bruit éternel. Il avait beaucoup plut dans les derniers jours.


Benoit s’était enfermé dans sa chambre au deuxième étage. Au premier, ses parents s’engueulèrent sur tout et sur rien. Des bruits de vaisselle éclatée contre les murs se firent entendre. Il en avait assez pour aujourd’hui, il devait sortir pour prendre un peu d’air. Pris de colère il frappa le mur sa chambre, sortit, descendit les marches en toute vitesse et se dirigea vers la porte avant qu’il ouvrit et claqua derrière lui.


Derrière la porte, dans la maison, les mots et objets filaient dans tous les sens. À son paroxysme, la crise était accompagnée de coups. La femme se défendait du mieux qu’elle le pouvait.


À l’extérieur, le bruit était encore audible. Son poing était toujours douloureux. Alors qu’il s’éloigna de la maison, Benoit décida d’aller sur le bord de la rivière qui passa derrière la maison, le bruit du courant enterra les cris et les bruits venant de l’intérieur. Frustré par la situation, il lança des roches dans l’eau que le courant fit disparaître rapidement. Benoit décida de marcher le long de la rivière. Il s’arrêta sous un pont et se reposa un moment sous la structure de béton, réfléchit à sa situation familiale et se dit que sa mère était faible de se laisser faire ainsi et de se laisser battre. Peut-être, lui pouvait prendre sa défense, il était assez costaud. Il avait encore mal au poing et il se rendit compte qu’il saignait, il plongea sa main dans l’eau pour la nettoyer. 


De loin, un objet brillant suivait le courant…


***


Plus haut sur la rive, Damien, plutôt maigre et dans les six pieds de haut, était nerveux de retourner à l’école, étant victime d’intimidation incessante. Il était dans la cour arrière qui donnait directement sur la rivière. Il jouait avec des bouteilles de verres vides, s’amusant à les lancer et les faire éclater sur les pierres de l’autre côté de la rive. Il prit une bouteille qu’il avait mise de côté pour l’occasion; il allait y glisser un mot et la relâcher délicatement dans la rivière. Il prit un bout de papier et un crayon et y écrit les lettres suivantes : S.O.S. comme le faisait autrefois les gens perdus en pleine mer. Sa mère arriva en voiture, débarqua et l’implora d’arrêter de jouer avec les bouteilles de bière vides.


Il eut le temps de mettre à l’eau son message de secours.


-Viens m’aider à sortir les paquets de la voiture, demanda-t-elle.


Damien obéit.


À l’intérieur, plusieurs bouteilles traînaient, vides pour la plupart. Un homme assez imposant était affalé sur le fauteuil du salon. Il ronflait.


-Ne le dérange pas, tant qu’il dort il ne fait pas de connerie.


Damien et sa mère avaient goûté à ses dites conneries, ses sautes d’humeur. Il était moins agressif saoul mort, que simplement saoul. Il arrivait souvent à Damien de souhaiter que son père ne se réveille jamais pour son bien et celui de sa mère.


***


De son côté, Benoit avait trouvé la bouteille. Il sortit le papier et lut le message : S.O.S. Le message était toujours lisible malgré l’eau qui s’était introduite dans la bouteille. Il la ramena chez lui. Le calme était tombé, sa mère était assise à la table de la cuisine, elle avait beaucoup pleuré et montrait des ecchymoses. Son père était parti. Benoit monta à sa chambre, ferma la porte et déposa la bouteille sur sa commode. Il se coucha sur son lit et réfléchit à sa journée : la violence de son père envers sa mère, la bouteille.


Le lendemain avant d’aller à l’école il retourna à l’endroit où il avait trouvé la bouteille; rien sur la rive. L’endroit était calme, seul le courant de la rivière résonnait. Il resta assit un moment, attendant une autre bouteille et se leva pour aller à ses cours.


La journée était plutôt pluvieuse, peu de jeunes étaient présents à l’extérieur de l’école. Benoit entra et aperçut Damien dans un coin, près de son casier, le maigrichon de l’école. Il passa et le poussa contre le mur et continua son chemin.


Le reste de la journée fut tranquille.


Trois heures sonna. Benoit prit ses choses, mit son manteau qui n’était pas imperméable et marcha d’un pas rapide jusqu’à chez lui. Des sirènes se firent entendre : plusieurs voitures de police et une ambulance se suivaient. Benoit décida d’aller se cacher de la pluie sous le pont. Pas de bouteilles encore, peut-être a-t-il en sa possession la seule jamais relâchée?


Tanné d’attendre que la pluie cesse, il retourna chez lui. Une voiture de police était stationnée devant la maison. Il craignait le pire.


- Benoit? demanda l’agent...


Plusieurs jours passèrent, le meurtre de sa mère par son père lui passa de travers dans la gorge. Il avait du mal à contenir sa colère. Comment avait-il pu. Il regretta même d’avoir pensé que sa mère était faible.


Plusieurs jours passèrent et Benoit fut pris en charge par sa tante, qui allait s’en occuper jusqu’à ses dix-huit ans. Il coupa tout contact avec son père.




Il ne revit plus jamais Damien.

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La rivière coulait dans son nid, trainant tout sur son passage : branches, feuilles et autre débris dans son bruit éternel. Il avait beaucoup plut dans les derniers jours.


Benoit s’était enfermé dans sa chambre au deuxième étage. Au premier, ses parents s’engueulèrent sur tout et sur rien. Des bruits de vaisselle éclatée contre les murs se firent entendre. Il en avait assez pour aujourd’hui, il devait sortir pour prendre un peu d’air. Pris de colère il frappa le mur sa chambre, sortit, descendit les marches en toute vitesse et se dirigea vers la porte avant qu’il ouvrit et claqua derrière lui.


Derrière la porte, dans la maison, les mots et objets filaient dans tous les sens. À son paroxysme, la crise était accompagnée de coups. La femme se défendait du mieux qu’elle le pouvait.


À l’extérieur, le bruit était encore audible. Son poing était toujours douloureux. Alors qu’il s’éloigna de la maison, Benoit décida d’aller sur le bord de la rivière qui passa derrière la maison, le bruit du courant enterra les cris et les bruits venant de l’intérieur. Frustré par la situation, il lança des roches dans l’eau que le courant fit disparaître rapidement. Benoit décida de marcher le long de la rivière. Il s’arrêta sous un pont et se reposa un moment sous la structure de béton, réfléchit à sa situation familiale et se dit que sa mère était faible de se laisser faire ainsi et de se laisser battre. Peut-être, lui pouvait prendre sa défense, il était assez costaud. Il avait encore mal au poing et il se rendit compte qu’il saignait, il plongea sa main dans l’eau pour la nettoyer. 


De loin, un objet brillant suivait le courant…


***


Plus haut sur la rive, Damien, plutôt maigre et dans les six pieds de haut, était nerveux de retourner à l’école, étant victime d’intimidation incessante. Il était dans la cour arrière qui donnait directement sur la rivière. Il jouait avec des bouteilles de verres vides, s’amusant à les lancer et les faire éclater sur les pierres de l’autre côté de la rive. Il prit une bouteille qu’il avait mise de côté pour l’occasion; il allait y glisser un mot et la relâcher délicatement dans la rivière. Il prit un bout de papier et un crayon et y écrit les lettres suivantes : S.O.S. comme le faisait autrefois les gens perdus en pleine mer. Sa mère arriva en voiture, débarqua et l’implora d’arrêter de jouer avec les bouteilles de bière vides.


Il eut le temps de mettre à l’eau son message de secours.


-Viens m’aider à sortir les paquets de la voiture, demanda-t-elle.


Damien obéit.


À l’intérieur, plusieurs bouteilles traînaient, vides pour la plupart. Un homme assez imposant était affalé sur le fauteuil du salon. Il ronflait.


-Ne le dérange pas, tant qu’il dort il ne fait pas de connerie.


Damien et sa mère avaient goûté à ses dites conneries, ses sautes d’humeur. Il était moins agressif saoul mort, que simplement saoul. Il arrivait souvent à Damien de souhaiter que son père ne se réveille jamais pour son bien et celui de sa mère.


***


De son côté, Benoit avait trouvé la bouteille. Il sortit le papier et lut le message : S.O.S. Le message était toujours lisible malgré l’eau qui s’était introduite dans la bouteille. Il la ramena chez lui. Le calme était tombé, sa mère était assise à la table de la cuisine, elle avait beaucoup pleuré et montrait des ecchymoses. Son père était parti. Benoit monta à sa chambre, ferma la porte et déposa la bouteille sur sa commode. Il se coucha sur son lit et réfléchit à sa journée : la violence de son père envers sa mère, la bouteille.


Le lendemain avant d’aller à l’école il retourna à l’endroit où il avait trouvé la bouteille; rien sur la rive. L’endroit était calme, seul le courant de la rivière résonnait. Il resta assit un moment, attendant une autre bouteille et se leva pour aller à ses cours.


La journée était plutôt pluvieuse, peu de jeunes étaient présents à l’extérieur de l’école. Benoit entra et aperçut Damien dans un coin, près de son casier, le maigrichon de l’école. Il passa et le poussa contre le mur et continua son chemin.


Le reste de la journée fut tranquille.


Trois heures sonna. Benoit prit ses choses, mit son manteau qui n’était pas imperméable et marcha d’un pas rapide jusqu’à chez lui. Des sirènes se firent entendre : plusieurs voitures de police et une ambulance se suivaient. Benoit décida d’aller se cacher de la pluie sous le pont. Pas de bouteilles encore, peut-être a-t-il en sa possession la seule jamais relâchée?


Tanné d’attendre que la pluie cesse, il retourna chez lui. Une voiture de police était stationnée devant la maison. Il craignait le pire.


- Benoit? demanda l’agent...


Plusieurs jours passèrent, le meurtre de sa mère par son père lui passa de travers dans la gorge. Il avait du mal à contenir sa colère. Comment avait-il pu. Il regretta même d’avoir pensé que sa mère était faible.


Plusieurs jours passèrent et Benoit fut pris en charge par sa tante, qui allait s’en occuper jusqu’à ses dix-huit ans. Il coupa tout contact avec son père.




Il ne revit plus jamais Damien.
Françoise
Très beau texte! En espérant lire la suite...

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Très beau texte! En espérant lire la suite...
Denis Fournier Chayer
Je n’ai malheureusement pas prévu de suite, mais vu la grande demande (chaque fois que quelqu’un a lu mon texte), je vais peut-être en écrire une, suite.

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Je n’ai malheureusement pas prévu de suite, mais vu la grande demande (chaque fois que quelqu’un a lu mon texte), je vais peut-être en écrire une, suite.
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