LE NAUFRAGE
 
Vois les âmes perdues s’égarent dans les flots
Si maigres acharnées sur leurs canots qui tanguent
Les heures entamées s’enlacent de sanglots
Les vagues excitées atteignent les varangues
 
Vos yeux se font la malle inertes matelots
Et les chairs de vos corps malades sont exsangues
Vous attendez un mince espoir où des îlots
Sauraient vous sauver sans oser tirer la langue
 
Mais le destin si lourd met un terme à vos vies
Naufragés résignés au silence des mers
Et vous ne voyez plus qu’un frisson dans les airs
 
Dans les rouges nuages de la fière agonie
Sur le radeau plongé dans les piètres abysses
Dont les clartés des jours en un mot s’évanouissent
 


Nicolas PAVEE, le 30 mars 2020, du recueil « Vers du Confinement ».