Son corps était magnifique, lisse, encore jeune et frais, comme je les aime, d’une blancheur parfaite. Une déesse. Sa peau était d’une douceur de velours et sentait la rose, ses yeux vert émeraude avaient l’intensité d’un félin et semblaient vous transpercer de part en part quand elle vous observait. Des boucles rousses cascadant sur ses fines épaules complétaient ce tableau exquis. 

       Avec mes mains, je suivais la courbe de ses seins, l’harmonie de ses hanches, la finesse de ses jambes. Je fis un détour par son sexe que j’avais déjà tant de fois visité, tant de fois caressé, tant de fois pénétré, source de plaisir intense. Lentement, j’y dirigeais mes doigts pour…




DING DONG ! DING DONG ! Les paupières encore collées de sommeil, je sortis doucement de mon rêve, le sourire aux lèvres. Je constatai que mon corps avait réagi positivement à ces plaisirs nocturnes. 

DING DONG ! Etouffant une insulte, je jetai un coup d’œil à mon réveil : 8 h 00 du matin ! Qui venait me déranger à cette heure ? 

Des coups se mirent à résonner dans ma petite maison, à Clichy-Sous-Bois.

- Monsieur Rivérand, vous êtes là ?

En enfilant rapidement un bas de jogging gris pour camoufler le plus possible mon érection et un tee-shirt noir, je lâchai un « J’arrive ! » en dévalant les marches de mon escalier.

D’un geste brusque, j’ouvris la porte en bois de chez moi, je tombai nez à nez avec deux hommes en pantalon noir et chemise grise pour le grand maigre et jean bleu ciel et tee-shirt blanc pour le petit gros. Ils me collèrent chacun une carte de police sous le nez. Après que j’eus murmuré un « Bonjour messieurs, que me vaut l’honneur de votre visite ? ». Le plus grand, un brun d’une quarantaine d’années, mon âge environ, prit la parole :

- Bonjour monsieur, êtes-vous bien Laurent Rivérand ?
- C’est moi-même.
- Je suis le capitaine Michaud de la Brigade Criminelle et voilà le lieutenant Alban, dit-il en désignant vaguement son collègue, un petit jeune d’à peine 25 ans qui suait déjà comme un bœuf. Ses cheveux noirs lui collaient au front. A sa décharge, le soleil d’août tapait déjà fort, alors qu’il n’était que 8 h 00 du matin. Nous faisons le tour du voisinage et nous aurions quelques questions à vous poser. Pouvons-nous entrer ?  

D’un geste de la main, je leur demandai de me suivre. Je les conduisis dans mon salon meublé simplement, une table noire quelques chaises, un meuble qui avait appartenu à mes parents contenant ma vaisselle et quelques livres, un clic-clac rouge faisant face à une table basse noire et à une petite télévision posée sur un meuble à roulettes. A l’angle de la pièce se trouvait un comptoir de bar que j’avais repeint en noir et dont j’étais fier. Trois hauts tabourets se trouvaient devant. J’invitai les flics à s’installer sur le clic-clac. Je leur proposai un café qu'ils refusèrent d’un signe de tête. Prenant place sur un pouf rouge, j’attendis patiemment leurs questions. Michaud ne tarda pas à attaquer :

- La nuit précédente, une jeune fille de 16 ans Elorine Meldane a disparu en sortant d’une soirée passée chez des amis. Elle est forcément passée par cette rue pour rentrer chez elle. Je voulais savoir si vous aviez vu ou entendu quelque chose. Elle est partie vers 1 h 00 de chez une certaine Julie Malson, à cent mètres d’ici environ.

Adoptant un visage le plus neutre possible, je répondis d’une voix calme :

- Désolé, j’étais chez moi, mais je n’ai rien vu de particulier, ni rien entendu de suspect. 
- Etes-vous bien sûr ? 
- Parfaitement.
- Avez-vous déjà vu Elorine dans le quartier ? me demanda le petit gros en me tendant une photo.

Le portrait d’une jeune fille aux yeux verts rieurs, un sourire éblouissant aux lèvres, une cascade de cheveux bouclés roux lui tombant sur les épaules me faisait face. Tremblant légèrement de la main, je me saisis de la photo. Après l’avoir observée quelques secondes, je la rendis au lieutenant en faisant un « non » de la tête ».

- Etes-vous bien sûr ?
- Parfaitement.

Michaud prit le relais :

- N’avez-vous rien d’autre à ajouter ?
- Non, rien du tout. N’est-ce pas déjà la neuvième jeune fille qui disparait dans la région en six ans ?
- Oui et toujours aucune piste, même pas un corps ! Le procureur devient fou ! Les parents deviennent fous ! Les médias deviennent fous ! Tout le monde devient fou ! C’est horrible, car pas une seule piste et on redoute une nouvelle disparition à chaque instant, comme pour Elorine.

Compréhensif, je hochai la tête en lâchant un « Je comprends ».

Il se dirigea vers un cadre. Il le contempla un instant et demanda en me regardant :

- Qui est-ce ?
- Marine, ma compagne, décédée il y a maintenant six ans et demi.
- Je suis désolé pour vous. Que lui est-il arrivé ?
- Elle a été assassinée à Paris, près de la Chapelle, son corps a été retrouvé dans une poubelle. Le tueur n’a jamais été arrêté.  
- J’ai effectivement entendu parler de cette affaire. Sordide.

Je ne répondis pas. Il contempla encore les yeux bleus et la cascade de cheveux blonds de ma Marine quelques secondes et reposa le cadre à sa place. Il fit le tour de mon intérieur et interrogea :

- Vous avez un étage, puis le grenier ?
- Oui, même si je ne vais presque jamais dans le grenier. Il est rempli des affaires de mes parents, décédés il y a dix ans dans un accident de la route. Je peux vous montrer, si vous voulez. On y accède par cette trappe, en haut des marches, ici même.

On voyait que la porte n’était pas souvent ouverte et mon étage ne présentait rien de suspect ; je le savais parfaitement et visiblement les flics aussi. De toute façon, ils ne devaient pas avoir de commission rogatoire, car Michaud poursuivit :

- Non, ça va aller. Merci. Si vous voyez ou si vous vous souvenez de quelque chose d'important, n’hésitez pas à me contacter. Voici ma carte.
- Entendu. Au revoir, messieurs.
- Au revoir, monsieur Rivérand.


Je les regardai se diriger vers la sortie. Ils refermèrent la porte derrière eux. Je poussai un gros soupir de soulagement et me dirigeai vers la cuisine pour me préparer un petit déjeuner consistant avec café, croissants, œufs au plat, bacon et pain grillé. Il y en avait assez pour trois personnes !




Mes mains palpaient ses chairs généreuses, ses hanches, en insistant sur son sexe et sur ses seins lourds et chauds. De la pointe de mon couteau, je dessinais des arabesques sur son corps, de longues lignes qui s’imprégnaient de sang firent leur apparition. Je bandais violemment et la pénétrais avec force, j’entendis des petits gémissements et continuais de plus belle à aller en elle, toujours plus profondément. Mes coups de hanches s’accéléraient pour intensifier mon plaisir. Ses cheveux lisses et bruns cachaient son visage ovale aux traits parfaits et ses grands yeux que je savais d’une belle couleur ambre. Je fermais les yeux et jouis.

Des petits sons provenaient de sa bouche, maintenue par un scotch. Ses yeux étaient suppliants et remplis de larmes. Elle était de plus en plus faible. La trouvant trop molle depuis quelques jours et décidant de la faire taire à tout jamais pour abréger ses souffrances, je levai mon couteau… 




Mon téléphone sonna et me réveilla en sursaut. D’un tâtonnement, je le récupérai de sous mon oreiller, décrochai et bafouillai un « Allo ? » 

- Hello Laurent, la forme ? Je ne te réveille pas ? Tu serais dispo pour un chantier ? Retaper plusieurs pièces, dans une maison, à côté de la gare de Tournan en Brie ? 

C’était Cyril, je bossais avec lui depuis cinq ans ; on travaillait en binôme sur les gros chantiers ou chacun de notre côté pour les plus petits, ce qui me laissait assez libre de mes mouvements. 

- Sans problème, je n’ai rien pour le moment. C’est assez calme. C’est pour commencer quand ?
- Demain. On a rendez-vous à 10 h 00 pour savoir exactement ce qu’on devra faire.
- Ca roule, ma poule. Tu m’enverras l’adresse exacte. A demain, 10 h 00.
- OK. Salut. 

Et il raccrocha.

Je consultai l’heure sur mon téléphone : 11 h 22. Je m’étirai et descendis les marches de mon escalier et allai droit dans ma cuisine, après un petit tour aux WC. J’avalai un café et un croissant et sortis faire quelques courses. Partout, sur le chemin les yeux rieurs d’Elorine me contemplaient sur des affiches placardées un peu partout. A sa vue, je le sentis se redresser doucement. Un coup d’œil plus bas permit de m’assurer que rien n’était visible. J’achetai en vitesse des coquillettes, du gruyère, des lardons fumés, de la crème et des macarons et retournai chez moi et me mis au fourneau : pâtes à la Carbonara au menu ce midi !




Il était 23 h 00, j’avais fini de nettoyer la cage de la brune, son corps était enterré avec une partie des autres, dans mon jardin. Une seule ne me suffisait pas, j’aimais varier les plaisirs. Aussi belle que la rousse était, grâce aux flics, je savais qu’elle s’appelait Elorine ; il m’en fallait une autre, voire deux, pour remplacer la petite blonde toute mignonne, prise en auto-stop vers Porte de Pantin et dont je m’étais débarrassé il y a une semaine déjà. Je décidai de repartir à la chasse.




Je trouvai rapidement mon bonheur, des jambes interminables et fines, de longs cheveux blonds retombant sur ses épaules. J’étais derrière elle. Elle se retourna et nos regards se croisèrent. Ses yeux bleus me fixèrent un instant, avant de se détourner pour regarder devant elle. J’en eus le souffle coupé, tant elle ressemblait à ma chère Marine. 

Il me la fallait. Ne voyant personne à part elle, je décidai d’agir. Rapidement et discrètement, j’imbibai un chiffon de chloroforme.

Déterminé, un sourire sadique aux lèvres, je la rattrapai et la pris par derrière. Je plaquai ma main sur sa bouche avec le chiffon. Rapidement, elle se laissa tomber dans mes bras, sans résistance, ses longs cheveux qui sentaient un shampoing à l’œuf me chatouillaient le visage.

On n’était pas loin de chez moi, heureusement. Je la soutins comme je pus, comme si elle était malade ou bourrée, complètement endormie.

D’un coup de pied, je poussai mon portail que je n’avais pas fermé, traversai mon petit jardin et ouvris la porte en bois de chez moi, sans complètement lâcher la fille, ce qui n’était pas une mince affaire. Je voulais me dépêcher avant qu’elle ne se réveille, même si j’en avais bien encore pour 1015 minutes de tranquillité. 


Epuisé, je la balançai sur mon clic-clac. Elle rebondit, gémit un peu, mais ne se réveilla pas. Je pris la peine de tout refermer derrière moi. Puis, je me dirigeai vers mon bar et retirai un panneau en bois, dévoilant un escalier qui conduisait vers mes trois cellules. La première était toujours occupée par Elorine. 

Le temps que chaque fille y restait était variable selon mes envies et si ma victime était intéressante ou non. Cela pouvait varier de quelques jours à plusieurs années. J’ai mis six mois pour tuer la brune et le maximum a été d’un an et deux mois, alors qu’une autre n’était même pas restée trois jours. 

J’allai chercher la blonde et l’allongeai. J’attachai ses pieds et ses mains en l’air, à une corde, accrochée au mur. Je lui mis un scotch sur la bouche. Lentement, je commençai à la déshabiller. Je découpai aux ciseaux sa petite robe verte. Son corps s’offrit à moi, sans résistance et mes mains commencèrent à caresser son corps nu. Encore une fois, sa ressemblance avec Marine me frappa. Elle devait avoir 25 ans, comme mon amie au moment de sa mort. Elle se réveilla, les yeux écarquillés par la peur, sans pouvoir prononcer un seul mot. J’entendis juste des petits « mmmh » étouffés. Elle commençait à trop s’agiter et je la giflai pour qu’elle arrête. Sonnée, sa tête retomba inerte sur le côté. Je continuai à pétrir sa chair avec mes doigts. Sentant le désir monter en moi, je retirai mes vêtements.




Un bruit sec, métallique me fit émerger sur ma couche. Encore un peu endormi, je vis le surveillant de la prison qui introduisait les clefs de ma cellule. Un moustachu grand et sec, cheveux noirs, courts, dégarni sur le front. Un certain Michel, je crois bien, avec un nom imprononçable !

- Rivérand, courrier ! Tu as de plus en plus d’admiratrices. Je ne comprendrai jamais ça, ces minettes attirées par des tueurs en série ! Et tu en as tué au moins une douzaine des comme elles ! Vraiment, je ne comprendrai jamais !

Une douzaine ? Je pense être plus proche de la vingtaine. Mes victimes sous la baignoire n’ont pas dû être retrouvées… C’est ce connard de Michaud et son équipe qui ont fini par me surveiller, se doutant de quelque chose me concernant. Ils ont découvert ma cachette, sauvant Elorine, la blonde et une gamine de 12 ans que j’avais enlevée dans la rue, une vingtaine de jours auparavant. 

Décidant de poursuivre mes rêves, les seuls moments où je pouvais retrouver mes filles, je fermai les yeux et décidai de penser cette fois à ma première victime… Ma chère Marine.