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Un monde littéraire...
Et bien plus...

        
Kuroineko
LES AVEUX D’ALAN SMITH



Mon nom est Alan Smith et c'est suites aux insistantes suppliques du personnel de l’hôpital psychiatrique Saint John que je m'apprête à relater les circonstances qui ont conduites à mon internement. J'ai parfaitement conscience que la véracité de mon récit sera remise en cause; Ils diront que je ne différencie pas le réel de mes visions lors de mes crises, que je n'accepte pas sa disparition. Bien que je ne dispose d’aucun élément matériel pour apporter du crédit à mes dires je tiens cependant à rester ferme. Ce sont bien les événements du 17 Janvier 1987 qui provoquèrent chez moi ces hideuses visions de cauchemars et non l'inverse.

J’étais âgé de quinze ans durant cette période et à cet âge-là, je n'avais jamais manifesté le moindre signe de démence, pas plus qu’aucune autre forme d'hallucination. Je vagabondais souvent à la recherche de nouveaux lieux abandonnés à découvrir, souvent accompagné de mon ami Cédric de deux ans mon aîné.

Ce jour-là; nous terminions d'explorer les restes d'une vielle école désaffectée à quelques centaines de mètres en contrebas de la maison de Cédric. Nous l'avions repérée depuis des mois mais ce n'était que récemment que nous avions réacquis l'audace nécessaire pour franchir ses murs interdits. Tandis que nous marchions naïvement dans la cours intérieur du bâtiment tout en discutant de nos projets pour la journée, que nous avions aperçu les contours d'une épaisse plaque de bronze qui semblait avoir été dissimulée sous une vielle bâche en plastique vert-olive. 

Il n'en fallait pas plus pour que notre curiosité soit piquée au vif et que nous éprouvions le plus pressant intérêt quant à savoir ce qui pourrait bien se trouver en sous nos pieds ; ainsi nous entreprenions sans même nous consulter de soulever la lourde plaque recouverte d'une épaisse couche de poussière.

Après plusieurs tentative infructueuses, nous hésitions à en rester la pour aujourd'hui songeant à revenir le lendemain avec un peu plus d'équipement; mais Cédric décida de faire une dernière tentative et au bout d'un ultime effort nous sommes parvenus à soulever l’épaisse plaque de son socle de quelques centimètres et à la faire glisser sur le côté; laissant entrevoir une antique échelle recouverte de mousse et de rouille menant à ce qui semblait être les anciens réseaux des égouts de la ville.


Ceux-ci, bien qu'asséchés depuis longtemps, dégageaient malgré tout de vague réminiscence des infâmes odeurs de pourritures qui circulaient autrefois le long de ces tortueuses galeries souterraine.

Nous ne savions ni l'un ni l'autre depuis quand exactement ceux-ci avaient été condamnés ni même pourquoi, et en vérité, nous nous en moquions bien.

A l'époque, nous ne nous soucions guère de ce genre de détails.

Car ce n'était pas la raison qui nous avait poussé à franchir l’accès de ce lieux oublié, ce n'était rien de plus que notre dévorante curiosité ainsi que notre goût commun pour le macabre et l'insolite qui nous poussèrent à poursuivre dans cette direction, sans autre outil que nos torches électriques et pas plus de provision qu'une bouteille d'eau que je transportais dans un sac à dos par habitude.

Tandis que nous arrivions tous deux au bas de l'échelle, un craquement sonore, aussi sec que soudain, le bruit provenait d'en haut de l'échelle et déclencha en nous un sursaut de panique, nous forçant instinctivement à prendre la fuite dans un élan de peur et d'inconscience.

Pendant notre dérobade nous avions pris plusieurs virages et la peur au ventre, ni moi ni mon comparse n'ayons eu la présence d'esprit de poser le moindre repère visuel derrière nous, ni même tenté de retenir dans quels directions nous avions maintes et maintes fois bifurqué.

C'est dans un état fébrile et l'esprit craintif que l'amère conclusion qui s'était progressivement imposée dans nos esprits devenait peu à peu une terrible certitude.

Nous nous étions perdus.

Pendant un bref instant, Cédric et moi-même éprouvions quelques remords concernant la témérité dont nous avions fait preuve en descendant jusqu'ici et au bout de notre interminable fuite, après nous être assuré que le bruit que nous avions entendu auparavant n'était pas le synonyme d'un poursuivant, nous reprîmes peu à peu nos esprit et éclations d'un rire gras et sonore. Nous nous sentions tous deux idiots d'avoir paniqué pour si peu. Puis nous commencèrent à arpenter les sinueux couloirs étroits aux parois arrondies dans l'espoir de retrouver notre chemin.

Après tout, ce n'était pas la première fois que l'une de nos expéditions dérapait; et plus d'une fois nous nous étions retrouvés perdus dans des situations plus qu'improbables et en dépit de cela, nous nous en étions toujours bien sorti et nous étions toujours vivants.

Plusieurs heures durant, nous avions marché dans les dédales des égouts à la recherche du moindre indice qui nous eûmes permis de pouvoir nous repérer et je sentais le désespoir me gagner peu à peu.

Jusque-là, nous n'avions toujours pas croisé de signe de vie souterraines, nous nous attendions pourtant tout du moins à croiser quelques rats ou d'autres de ses hideuses bestioles grouillant sous la terre comme les blattes, des cafards ou encore des araignées et l'absence totale de ces dernières eut d'abord pour effet de nous accommoder, mais plus le temps passait, plus nous trouvions ce silence et cette absence étrange ... presque dérangeante.

En dépit des circonstances, nous parvinrent jusqu'ici à garder notre sang-froid, mais c'était sans compter sur un nouvel élément à ajouter à la liste de nos problèmes.

L'ampoule de notre torche électrique s'était mise a grésiller, et d'ici quelques instant nous serions plongé dans l'obscurité la plus totale, si bien que je commençais sincèrement à penser que je ne reverrais probablement pas la lumière du jour et une funeste vision s'imposa progressivement à moi. 
Nous ne serions jamais retrouvé, a jamais disparu, dans ce lieux maudit et oublié, étendu sur le sol glacial et malodorant. C'est à ce moment précis que l'ampoule s’éteignit, la peur et l'obscurité achevèrent en un instant la raison de Cédric qui était resté muet jusqu'ici.

Ce dernier m'agrippa par le bras avec vigueur, me suppliant de ne pas le lâcher; bien qu'il fût le plus âgés de nous deux; il était le plus en proie aux crises de paniques et je m’efforçai de garder mon calme dans le but de le rassurer du mieux que je le pu. Mais c'était peine perdue, Cédric restait insensible à mes arguments et restait réfractaire devant toute la logique du monde. Je lui répétait que même si l'obscurité ralentissait notre progression, nous finirions bien par trouver une lucarne donnant sur une rue ou un trottoir quelconque d'où nous pourrions appeler à l'aide, et que dans l'obscurité totale nous apercevrions plus facilement la moindre source de luminosité mais absolument rien de ce que je pu lui dire à ce moment-là ne suffit a le rassurer, la peur restait la plus forte.

Privé de tout repaire visuel, il m'était devenu maintenant impossible de savoir depuis combien de temps nous errions mais cela me sembla interminable, nous progressions au compte-gouttes dans ce dédale tortueux, par moment, j'avais l’impression de descendre une pente douce, par d'autres celle de monter une côte pentue et plus le temps passait, plus il me devenait difficile de convaincre Cédric de continuer d'avancer.

Je décidai de m'arrêter quelques instants, le temps de nous réhydrater un peu et tandis que je cherchais à tâtons notre précieuse bouteille d'eau, Cédric poussa un hurlement qui me glaça le sang jusqu'aux os. Lorsque je me retournai instinctivement vers l'origine du cri de mon ami, je dû me retenir pour ne pas en faire autant.

Bien que je sois encore aujourd'hui incapable de décrire avec exactitude la chose que j'ai vu, faute d'un vocabulaire véritablement approprié, ce n'est pas tant son aspect général qui failli m'arracher ce cri, mais bel et bien ce qui semblait être à l'intérieur de la chose. Des cadavres de rats ainsi que des restes humains, certains dans un stade de décomposition avancée, flottaient dans les airs à quelques dizaines de mètre de nous et le tout était entourée par cette chose, une sorte de fumée compacte à la fois translucide et coloré, d'une couleur improbable, une sorte d'amalgame entre le bleu, le vert, et le violet

Celles-ci produisaient des volutes de ce qui me semblait être une sorte de fumée âpre et visqueuse, produisant une lueur dont les reflets aux couleurs d'un autre monde se reflétaient sur les parois lisses des égouts. La chose sembla remarquer Cédric qui était désormais en proie à d'incontrôlables tremblements, le bruit de ses dents qui s’entrechoquaient produisirent un écho grotesque à travers les longs couloirs du tunnel.

Après ce qui sembla un court moment d'hésitation; la chose produisit un son aussi atroce qu'indescriptible et se dirigea à une vitesse impressionnante en flottant vers le corps de Cédric, tétanisé par la peur, incapable de faire le moindre mouvement. A ce point du récit, j'aimerais que le lecteur sache que j’éprouve encore de la honte en avouant ma couardise; j'ai pris la décision de le laisser derrière moi et je me suis enfuis aussi vite que je le pouvais.

Après un bref instant; il n'y eut plus aucun cri et à ce moment-là; je sus avec certitude que Cédric n'était plus de ce monde. Lorsque je me risqua à jeter un coup d’œil furtif derrière mon épaule afin de constater si j'avais pu mettre de la distance entre l’hideuse et improbable créature et moi, je constatais avec horreur et stupéfaction qu'une fine volute lumineuse me poursuivait à toute allure et que pire encore, celle-ci gagnait du terrain sur moi.

Quelques secondes plus tard, je sentis son contact, froid et glacé comme si une main décharnée m' agrippais par les côtes et l'instant d'après, j'eût la sensation que l'on m'arrachais un fragment de mon âmes et je sombrais dans les abîmes de l'inconscience. 

Tout ce que je sais après cela; c'est que deux officiers d'une patrouille de police m'ont retrouvé au bord d'une route, alertés par plusieurs passants qui passaient par là. Que j’étais à demi inconscient, soliloquant, délirant et que durant mon transport vers les urgences, j’eus fini par pousser un terrible cri rauque avant de sombrer dans un profond coma long de plusieurs semaines.

C'est à ce moment la que je fût frappé par ce que les médecins appellent ma première crise psychotique. Moi je vous maintiens que ce sont des visions d'une réalité que vous dépasse les frontières d'un esprit cartésiens.

Dans la première partie de mes visions; je voyage à travers de long couloirs lumineux m'emportant au-delà des limites connues de l'espace et du temps. Au plus je m'éloigne de mon enveloppe terrestre, au plus ces choses deviennent perceptibles, et c'est quelque part dans ce repli en dehors de notre dimension que vivent ces hideuses créatures.

Ce n'est que lorsque je me retrouve face à « Eux », dans ce moment fatidique, que l'horrible, l'atroce vérité m'eut enfin été révélée. Car c'est lorsque j'arrive au bout du chemin de lumière; lorsque vient l'obscurité; que le portrait le plus innommable se dessine sous mes yeux ébahis.

Ce sont les innombrables âmes des victimes de ces choses colorées, qui sont étendue là, suspendues dans l'éther pour l'éternité. Maintenues en suspension au bout d'une répugnante masse de chair aux proportions colossal, dont les milliers de grotesques appendices, sorte aggloméra filamenteux comparable a une anguille noirâtre pourvues a son extrémités d'une affreuse bouche dépourvues de dents. Celles-ci les broyait, tordait et aspirait leurs âmes dans une insoutenable cacophonie composée d' hurlements stridents suivi d’abominables bruits de succions et de mastications produites par les abjectes bouches.

Juste avant de me réveiller, j'entends encore les appels à l'aide de Cédric, hurlant mon nom dans un ultime cri de désespoir. Je ne fus plus jamais tout à fait le même après cela. Aujourd'hui lorsque les crises reprennent et que je reviens à moi, par moment, je ne peux m'empêcher d'éclater d'un rire dément en songeant à la prétention des intérêts humains.

Celui d'être d'une importance suprême une chance rare au centre d'un univers vide, doué d'une conscience précieuse et unique, alors même qu'à travers des éons de lumières insolites et de ténèbres sans fin, soufflent les vents des abysses où ses habitants, monstres aux proportions grotesques et autres génies informes, se repaissent en toute impunité des ambitions humaines.

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LES AVEUX D’ALAN SMITH



Mon nom est Alan Smith et c'est suites aux insistantes suppliques du personnel de l’hôpital psychiatrique Saint John que je m'apprête à relater les circonstances qui ont conduites à mon internement. J'ai parfaitement conscience que la véracité de mon récit sera remise en cause; Ils diront que je ne différencie pas le réel de mes visions lors de mes crises, que je n'accepte pas sa disparition. Bien que je ne dispose d’aucun élément matériel pour apporter du crédit à mes dires je tiens cependant à rester ferme. Ce sont bien les événements du 17 Janvier 1987 qui provoquèrent chez moi ces hideuses visions de cauchemars et non l'inverse.

J’étais âgé de quinze ans durant cette période et à cet âge-là, je n'avais jamais manifesté le moindre signe de démence, pas plus qu’aucune autre forme d'hallucination. Je vagabondais souvent à la recherche de nouveaux lieux abandonnés à découvrir, souvent accompagné de mon ami Cédric de deux ans mon aîné.

Ce jour-là; nous terminions d'explorer les restes d'une vielle école désaffectée à quelques centaines de mètres en contrebas de la maison de Cédric. Nous l'avions repérée depuis des mois mais ce n'était que récemment que nous avions réacquis l'audace nécessaire pour franchir ses murs interdits. Tandis que nous marchions naïvement dans la cours intérieur du bâtiment tout en discutant de nos projets pour la journée, que nous avions aperçu les contours d'une épaisse plaque de bronze qui semblait avoir été dissimulée sous une vielle bâche en plastique vert-olive. 

Il n'en fallait pas plus pour que notre curiosité soit piquée au vif et que nous éprouvions le plus pressant intérêt quant à savoir ce qui pourrait bien se trouver en sous nos pieds ; ainsi nous entreprenions sans même nous consulter de soulever la lourde plaque recouverte d'une épaisse couche de poussière.

Après plusieurs tentative infructueuses, nous hésitions à en rester la pour aujourd'hui songeant à revenir le lendemain avec un peu plus d'équipement; mais Cédric décida de faire une dernière tentative et au bout d'un ultime effort nous sommes parvenus à soulever l’épaisse plaque de son socle de quelques centimètres et à la faire glisser sur le côté; laissant entrevoir une antique échelle recouverte de mousse et de rouille menant à ce qui semblait être les anciens réseaux des égouts de la ville.


Ceux-ci, bien qu'asséchés depuis longtemps, dégageaient malgré tout de vague réminiscence des infâmes odeurs de pourritures qui circulaient autrefois le long de ces tortueuses galeries souterraine.

Nous ne savions ni l'un ni l'autre depuis quand exactement ceux-ci avaient été condamnés ni même pourquoi, et en vérité, nous nous en moquions bien.

A l'époque, nous ne nous soucions guère de ce genre de détails.

Car ce n'était pas la raison qui nous avait poussé à franchir l’accès de ce lieux oublié, ce n'était rien de plus que notre dévorante curiosité ainsi que notre goût commun pour le macabre et l'insolite qui nous poussèrent à poursuivre dans cette direction, sans autre outil que nos torches électriques et pas plus de provision qu'une bouteille d'eau que je transportais dans un sac à dos par habitude.

Tandis que nous arrivions tous deux au bas de l'échelle, un craquement sonore, aussi sec que soudain, le bruit provenait d'en haut de l'échelle et déclencha en nous un sursaut de panique, nous forçant instinctivement à prendre la fuite dans un élan de peur et d'inconscience.

Pendant notre dérobade nous avions pris plusieurs virages et la peur au ventre, ni moi ni mon comparse n'ayons eu la présence d'esprit de poser le moindre repère visuel derrière nous, ni même tenté de retenir dans quels directions nous avions maintes et maintes fois bifurqué.

C'est dans un état fébrile et l'esprit craintif que l'amère conclusion qui s'était progressivement imposée dans nos esprits devenait peu à peu une terrible certitude.

Nous nous étions perdus.

Pendant un bref instant, Cédric et moi-même éprouvions quelques remords concernant la témérité dont nous avions fait preuve en descendant jusqu'ici et au bout de notre interminable fuite, après nous être assuré que le bruit que nous avions entendu auparavant n'était pas le synonyme d'un poursuivant, nous reprîmes peu à peu nos esprit et éclations d'un rire gras et sonore. Nous nous sentions tous deux idiots d'avoir paniqué pour si peu. Puis nous commencèrent à arpenter les sinueux couloirs étroits aux parois arrondies dans l'espoir de retrouver notre chemin.

Après tout, ce n'était pas la première fois que l'une de nos expéditions dérapait; et plus d'une fois nous nous étions retrouvés perdus dans des situations plus qu'improbables et en dépit de cela, nous nous en étions toujours bien sorti et nous étions toujours vivants.

Plusieurs heures durant, nous avions marché dans les dédales des égouts à la recherche du moindre indice qui nous eûmes permis de pouvoir nous repérer et je sentais le désespoir me gagner peu à peu.

Jusque-là, nous n'avions toujours pas croisé de signe de vie souterraines, nous nous attendions pourtant tout du moins à croiser quelques rats ou d'autres de ses hideuses bestioles grouillant sous la terre comme les blattes, des cafards ou encore des araignées et l'absence totale de ces dernières eut d'abord pour effet de nous accommoder, mais plus le temps passait, plus nous trouvions ce silence et cette absence étrange ... presque dérangeante.

En dépit des circonstances, nous parvinrent jusqu'ici à garder notre sang-froid, mais c'était sans compter sur un nouvel élément à ajouter à la liste de nos problèmes.

L'ampoule de notre torche électrique s'était mise a grésiller, et d'ici quelques instant nous serions plongé dans l'obscurité la plus totale, si bien que je commençais sincèrement à penser que je ne reverrais probablement pas la lumière du jour et une funeste vision s'imposa progressivement à moi. 
Nous ne serions jamais retrouvé, a jamais disparu, dans ce lieux maudit et oublié, étendu sur le sol glacial et malodorant. C'est à ce moment précis que l'ampoule s’éteignit, la peur et l'obscurité achevèrent en un instant la raison de Cédric qui était resté muet jusqu'ici.

Ce dernier m'agrippa par le bras avec vigueur, me suppliant de ne pas le lâcher; bien qu'il fût le plus âgés de nous deux; il était le plus en proie aux crises de paniques et je m’efforçai de garder mon calme dans le but de le rassurer du mieux que je le pu. Mais c'était peine perdue, Cédric restait insensible à mes arguments et restait réfractaire devant toute la logique du monde. Je lui répétait que même si l'obscurité ralentissait notre progression, nous finirions bien par trouver une lucarne donnant sur une rue ou un trottoir quelconque d'où nous pourrions appeler à l'aide, et que dans l'obscurité totale nous apercevrions plus facilement la moindre source de luminosité mais absolument rien de ce que je pu lui dire à ce moment-là ne suffit a le rassurer, la peur restait la plus forte.

Privé de tout repaire visuel, il m'était devenu maintenant impossible de savoir depuis combien de temps nous errions mais cela me sembla interminable, nous progressions au compte-gouttes dans ce dédale tortueux, par moment, j'avais l’impression de descendre une pente douce, par d'autres celle de monter une côte pentue et plus le temps passait, plus il me devenait difficile de convaincre Cédric de continuer d'avancer.

Je décidai de m'arrêter quelques instants, le temps de nous réhydrater un peu et tandis que je cherchais à tâtons notre précieuse bouteille d'eau, Cédric poussa un hurlement qui me glaça le sang jusqu'aux os. Lorsque je me retournai instinctivement vers l'origine du cri de mon ami, je dû me retenir pour ne pas en faire autant.

Bien que je sois encore aujourd'hui incapable de décrire avec exactitude la chose que j'ai vu, faute d'un vocabulaire véritablement approprié, ce n'est pas tant son aspect général qui failli m'arracher ce cri, mais bel et bien ce qui semblait être à l'intérieur de la chose. Des cadavres de rats ainsi que des restes humains, certains dans un stade de décomposition avancée, flottaient dans les airs à quelques dizaines de mètre de nous et le tout était entourée par cette chose, une sorte de fumée compacte à la fois translucide et coloré, d'une couleur improbable, une sorte d'amalgame entre le bleu, le vert, et le violet

Celles-ci produisaient des volutes de ce qui me semblait être une sorte de fumée âpre et visqueuse, produisant une lueur dont les reflets aux couleurs d'un autre monde se reflétaient sur les parois lisses des égouts. La chose sembla remarquer Cédric qui était désormais en proie à d'incontrôlables tremblements, le bruit de ses dents qui s’entrechoquaient produisirent un écho grotesque à travers les longs couloirs du tunnel.

Après ce qui sembla un court moment d'hésitation; la chose produisit un son aussi atroce qu'indescriptible et se dirigea à une vitesse impressionnante en flottant vers le corps de Cédric, tétanisé par la peur, incapable de faire le moindre mouvement. A ce point du récit, j'aimerais que le lecteur sache que j’éprouve encore de la honte en avouant ma couardise; j'ai pris la décision de le laisser derrière moi et je me suis enfuis aussi vite que je le pouvais.

Après un bref instant; il n'y eut plus aucun cri et à ce moment-là; je sus avec certitude que Cédric n'était plus de ce monde. Lorsque je me risqua à jeter un coup d’œil furtif derrière mon épaule afin de constater si j'avais pu mettre de la distance entre l’hideuse et improbable créature et moi, je constatais avec horreur et stupéfaction qu'une fine volute lumineuse me poursuivait à toute allure et que pire encore, celle-ci gagnait du terrain sur moi.

Quelques secondes plus tard, je sentis son contact, froid et glacé comme si une main décharnée m' agrippais par les côtes et l'instant d'après, j'eût la sensation que l'on m'arrachais un fragment de mon âmes et je sombrais dans les abîmes de l'inconscience. 

Tout ce que je sais après cela; c'est que deux officiers d'une patrouille de police m'ont retrouvé au bord d'une route, alertés par plusieurs passants qui passaient par là. Que j’étais à demi inconscient, soliloquant, délirant et que durant mon transport vers les urgences, j’eus fini par pousser un terrible cri rauque avant de sombrer dans un profond coma long de plusieurs semaines.

C'est à ce moment la que je fût frappé par ce que les médecins appellent ma première crise psychotique. Moi je vous maintiens que ce sont des visions d'une réalité que vous dépasse les frontières d'un esprit cartésiens.

Dans la première partie de mes visions; je voyage à travers de long couloirs lumineux m'emportant au-delà des limites connues de l'espace et du temps. Au plus je m'éloigne de mon enveloppe terrestre, au plus ces choses deviennent perceptibles, et c'est quelque part dans ce repli en dehors de notre dimension que vivent ces hideuses créatures.

Ce n'est que lorsque je me retrouve face à « Eux », dans ce moment fatidique, que l'horrible, l'atroce vérité m'eut enfin été révélée. Car c'est lorsque j'arrive au bout du chemin de lumière; lorsque vient l'obscurité; que le portrait le plus innommable se dessine sous mes yeux ébahis.

Ce sont les innombrables âmes des victimes de ces choses colorées, qui sont étendue là, suspendues dans l'éther pour l'éternité. Maintenues en suspension au bout d'une répugnante masse de chair aux proportions colossal, dont les milliers de grotesques appendices, sorte aggloméra filamenteux comparable a une anguille noirâtre pourvues a son extrémités d'une affreuse bouche dépourvues de dents. Celles-ci les broyait, tordait et aspirait leurs âmes dans une insoutenable cacophonie composée d' hurlements stridents suivi d’abominables bruits de succions et de mastications produites par les abjectes bouches.

Juste avant de me réveiller, j'entends encore les appels à l'aide de Cédric, hurlant mon nom dans un ultime cri de désespoir. Je ne fus plus jamais tout à fait le même après cela. Aujourd'hui lorsque les crises reprennent et que je reviens à moi, par moment, je ne peux m'empêcher d'éclater d'un rire dément en songeant à la prétention des intérêts humains.

Celui d'être d'une importance suprême une chance rare au centre d'un univers vide, doué d'une conscience précieuse et unique, alors même qu'à travers des éons de lumières insolites et de ténèbres sans fin, soufflent les vents des abysses où ses habitants, monstres aux proportions grotesques et autres génies informes, se repaissent en toute impunité des ambitions humaines.
Seulementsamuel
C'est bien, mais on dirait presque le début d'une histoire. Un mélange entre ça et Stranger Things c'est cool

Re: Alan SmithAlan Smith Empty

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C'est bien, mais on dirait presque le début d'une histoire. Un mélange entre ça et Stranger Things c'est cool
Kuroineko
Merci pour tes retours; ça me fait plaisir.  C'est en effet l'introduction d'un récit beaucoup plus long, sur lequel je travaille encore

Re: Alan SmithAlan Smith Empty

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Merci pour tes retours; ça me fait plaisir.  C'est en effet l'introduction d'un récit beaucoup plus long, sur lequel je travaille encore
Kvothe
Cela me fait penser à un contes de lovecraft, par le style de l'écriture ainsi que par l'idée de créature informe et inimaginable. Vraiment excellent!

Re: Alan SmithAlan Smith Empty

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Cela me fait penser à un contes de lovecraft, par le style de l'écriture ainsi que par l'idée de créature informe et inimaginable. Vraiment excellent!
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