Pour débuter cette interview et pour les personnes qui ne vous connaissent pas encore, pouvez-vous vous présenter ?
Je m’appelle Selma Guettaf, j'ai 32 ans et suis née et ai grandi en Algérie avant de m'installer en France en 2014. Mon parcours est multidisciplinaire. J'ai exploré différents domaines tels que le journalisme, l'écriture de romans, la création de séries et le théâtre. J'aime explorer le texte dans ses expériences les plus vastes.

Votre rapport à l'écriture


Quand avez-vous commencé à écrire ? Quel a été l'élément déclencheur ?
J’ai commencé à écrire très jeune, après avoir lu "Les Misérables" de Victor Hugo, les écrits d'Edgar Allan Poe, "Les Frères Karamazov" de Dostoïevski, “Le Don paisible” de Mikhaïl Cholokhov et les romans de Pearl Buck. Dans mon écriture, j’ai tout de suite voulu approcher la violence. Développer un stylo d’écriture à la fois brut et poétique.

Quelles sont vos sources d'inspiration ?
Mes sources d’inspiration sont nombreuses. Cela peut être une simple rencontre, une conversation. La littérature, les arts visuels, le théâtre viennent également me nourrir. Parfois, c'est un mélange de toutes ces influences qui donne naissance à mes idées.

Pouvez-vous partager une anecdote intéressante ou amusante que vous avez vécue en tant qu'autrice ?
Il y en a plusieurs. Je pense à mon enseignante de français au lycée. Sur l'une de mes rédactions, elle avait écrit : “J’aime vous lire, Mademoiselle Guettaf”. Cette remarque a été incroyablement gratifiante ! Lorsqu'on commence à écrire, on a besoin de ce sentiment de confiance. Elle a été, d'une certaine manière, ma première lectrice, et grâce à elle, j’ai compris l’importance des lecteurs dans un processus d’écriture. Sans eux, l'œuvre n’existe pas.

Un autre moment qui me revient est ma première séance de dédicaces lors d'un salon du livre. Par un hasard curieux, j'ai été placée à côté des Femen. Il y a eu une confusion dans le public, qui m'a confondue avec une des autrices Femen, ce qui a conduit à l'écoulement de plusieurs exemplaires de mes livres ! Cela a même généré un petit article de presse affirmant que j'étais l'une des auteures ayant réalisé les meilleures ventes lors de cet événement. Je me souviens m'être un peu amusée à brouiller les pistes auprès des personnes qui venaient me voir pour une dédicace.

La dernière anecdote qui me vient à l'esprit remonte à ma participation au Maghreb Orient des Livres. J'étais en train de signer mes romans à côté d'une personnalité très connue. Devant cette star, il y avait une file impressionnante, tandis que de mon côté, seules deux ou trois personnes s'étaient arrêtées. Soudain, une femme pour qui je dédiais mon livre a commencé à crier, exprimant haut et fort son admiration pour mon travail. Ça a suscité la curiosité, attirant davantage de personnes vers ma table de signature. Elle l’avait fait intentionnellement. C’était très surprenant !  


Votre dernier livre


Quel est le titre de votre dernier livre ? De quoi parle-t-il ?
Mon dernier livre a pour titre “Plongeon et autres autres”. J’y parle du vertige de l’écriture. Un jeune homme est propulsé dans le monde littéraire. À l’enthousiasme du début succède la difficulté à tenir sur la distance et à se renouveler. Quelque chose le bloque intérieurement. Quelque chose ou quelqu’un.

Quel a été le point de départ de celui-ci ?
L’écriture de “Plongeon et autres sauts” a commencé lors de mes participations à des rencontres, à des salons, notamment en écoutant certains auteurs ou en les observant. De là a débuté mon questionnement : qu’est-ce que c'est que d’écrire aujourd'hui à l’ère des réseaux sociaux ? Et comment un jeune auteur peut-il envisager cela ? J’ai l’impression qu’il y a un lien entre l’écriture et la manière de penser son corps, sa posture. Par exemple, quand je parle de mes textes, je gesticule. Et je n’ai pas tout à fait les mêmes mouvements ; chaque livre que j’ai écrit m’inspire un mouvement particulier. On a tendance à beaucoup écouter les écrivains parler de leurs textes, mais je crois qu’il est également question de comment on les incarne à travers notre posture… Par exemple, Most édition filme les auteurs ; je trouve cette démarche intéressante et en lien avec mes réflexions.

De la première idée aux dernières lignes, combien de temps avez-vous mis pour écrire ce livre ?
Cela m’a pris environ trois ans, en prenant en compte les réécritures.

Un dernier mot pour la fin ?


Un dernier mot pour clôturer cette interview ?
Merci pour cette interview ! J’espère que vous apprécierez la découverte de “Plongeon et autres sauts”. Je serais ravie de poursuivre nos échanges. N’hésitez pas à consulter mes réseaux sociaux ou ceux des éditions Most pour suivre mon actualité.

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Interview autrice - Selma Guettaf (Plongeon et autres autres) Dixily45
Photo prise par Camille Dupont (@Camille Dupont)  durant le Salon du Livre de Wallonie 2023 à Mons